Cahiers de Doléances

30 millions d’euros. Tel est le total du plan d’économies prévu par le CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée) sur les exercices 2019, 2020. La mesure, par son ampleur, inquiète les organisations de l’audiovisuel, principal secteur touché. « C’est un volume que nous n’avons jamais vu et cela va arriver très vite, commente Catherine Bertin, déléguée générale du SPI (Syndicat des producteurs indépendants). On peut choisir de faire des économies sur un genre pour réorienter sur un autre, mais là, c’est une mesure massive et extrêmement violente. » Le syndicat, qui demande à comprendre les causes d’une telle économie, craint qu’un recentrage se fasse au bénéfice de quelques séries exportables et au détriment de sociétés plus fragiles mais nécessaires à la diversité du tissu créatif. Dans un communiqué, le syndicat va même jusqu’à dénoncer un plan de « décroissance ».

Transformation plus que simple réduction

Concrètement, comment ce plan va-t-il se déployer ? Aux dires du CNC, il s’agit plus d’une transformation et d’une adaptation des besoins que d’un objectif strictement budgétaire. « Cet effort est à mettre en perspective avec l’accroissement significatif des aides ces dernières années, explique-t-on au sein de l’organisme*. Le crédit d’impôt a été fortement revalorisé depuis 2016, avec un quasi-doublement pour atteindre plus de 70 millions d’euros environ par an. Par ailleurs, les soutiens automatiques [soutiens attribués sur critères “objectifs”, indépendamment de la qualité du programme et visant des producteurs qui sont déjà installés dans l’audiovisuel, NDLR], qui constituent l’essentiel des soutiens du CNC à la production audiovisuelle, ont augmenté de 38 % en dix ans. » Néanmoins, ce sont bien les producteurs qui touchent ces soutiens automatiques qui seront le plus affectés par ce plan.

 

Accueil Forums