Le Manifeste Profession spectacle : sortir du cadre !

Le monde du spectacle vivant, de l’audiovisuel et du cinéma constitue une profession dans son ensemble et non une juxtaposition de catégories (intermittents, permanents, employeurs, salariés, etc.). Ce manifeste propose une parole engagée qui concerne tous ceux qui sont parties prenantes d’une mission de création et de transmission (théâtres, compagnies, festivals, producteurs, cinémas, salles de spectacle, artistes et techniciens, intermittents et permanents, etc.).

Professionnels du spectacle, nous appelons à une profonde transformation du monde du spectacle vivant, de l’audiovisuel et du cinéma pour construire ensemble le modèle social et solidaire de demain.

1. De la politique culturelle d’Etat à la mise en œuvre des droits culturels

Le rôle de l’Etat n’est pas de tout régenter. Nous appelons à une véritable décentralisation culturelle qui donne davantage de leviers d’action au niveau local et plus d’autonomie à la profession du spectacle.
Nous appelons à favoriser l’épanouissement des droits culturels à partir des territoires et des personnes pour permettre un accès à la culture au plus près de la vie concrète de la population.
Nous souhaitons un partenariat nouveau avec l’Etat : un Etat qui soutienne la création et la transmission, et l’unité culturelle dans la diversité ; un « Etat-auxiliaire » qui aide les métiers du spectacle à assurer leur mission de service de la société, dans la liberté, la responsabilité et l’autonomie.

4 grandes orientations :

Réformer les DRAC pour en faire des instances territoriales autonomes et mixtes (collectivités locales et professionnels de la culture) chargées de développer les droits culturels.

Créer un « CNC » du spectacle vivant pour soutenir et financer la création et la transmission.

Créer un nouveau modèle de formation professionnelle basé sur la création, la production concrète d’œuvres, qui permette l’émergence de nouveaux talents par la transmission des savoir-faire artistiques et culturels.

Redéfinir les critères d’évaluation des politiques culturelles, au-delà des seules logiques de rentabilité.

2. D’un statut de chômeur à l’autonomie d’une profession

Nous appelons à sortir d’un « statut de chômeur » qui dévalorise nos métiers et ne rend pas compte de leur apport décisif au bien commun de la société.
Le « statut » d’intermittent (annexes 8 et 10) tient uniquement par un « rapport de force » que nous finirons par perdre, compte-tenu de l’évolution globale du monde.
Si nous ne pensons pas dès maintenant ensemble un nouveau modèle social et solidaire, nous n’aurons demain que « nos yeux pour pleurer ».
Nous devons nous prendre en main et gérer nous-mêmes, dans un esprit de responsabilité, un nouveau modèle social et solidaire du monde du spectacle, en partenariat avec l’Etat et les collectivités ; et non plus en dépendance.

4 grandes orientations :

Revoir les modes et sources de financement de notre modèle social, en partenariat avec l’Etat, les collectivités et les acteurs de la profession (employeurs, diffuseurs, producteurs, etc.).

Réformer en profondeur l’ensemble du dispositif d’indemnisation des périodes non travaillées dans un cadre global, en mutualisant l’apport de l’ensemble des acteurs de la profession (intermittents, permanents, etc.).

Instaurer une véritable démocratie sociale : notre système social autonome doit être géré par la profession elle-même.

S’engager sur l’équilibre financier de notre système social : le principe de responsabilité doit être la contrepartie de notre liberté.

Je veux participer et être informé de l'avancée des réflexions.